Et si on passait en mode zéro déchet ?

Par Pierre-Antoine Flick

De nombreux français de tous âges et tout horizon ont adopté un mode de vie “zéro déchet”, témoignage d’une prise de conscience individuelle et collective face au gaspillage et à la sur-consommation. Pour porter ce changement, plusieurs associations et collectifs ont été créées afin d’apporter aide et conseil mais aussi soutien face à l’incompréhension des proches. Citons notamment l’association Zero Waste France qui organise le défi “Rien de neuf” et propose un accompagnement complet grâce à une newsletter, un groupe facebook et un outil de suivi. Cela permet d’établir une estimation des ressources naturelles préservées.

“Puis-je faire autrement ?”

Il s’agit de l’un des piliers du défi et plus généralement du zéro déchet. En effet, le modèle de consommation qui imprègne les différentes strates de notre société, pousse à acheter neuf par soucis de qualité, mode, immédiateté et bien d’autres critères qu’il serait trop long d’évoquer ici. 

Il convient donc de changer de paradigme et d’opter pour le temps long, c’est à dire attendre le produit d’occasion qui correspond vraiment aux attentes et aux besoins. Ainsi, il faut parfois attendre plusieurs mois avant de trouver le bon produit d’occasion ce qui incite d’ailleurs certains à fabriquer par eux-mêmes ou à rénover lorsque cela est possible.

Un changement des habitudes de vie

Le bouleversement va bien au-delà de l’antagonisme entre neuf et occasion/fait maison et influe notamment sur le tri des déchets à travers le recyclage et le compostage des déchets organiques. L’achat de produit en vrac se fait également plus fréquent, marqué par la volonté de ramener ses propres contenants et donc réduire au maximum l’utilisation de plastique. 

Le zéro déchet introduit donc une certaines globalité à la démarche poussant même parfois à des questionnement sur l’usage de l’avion et de la voiture même s’il existe une scission entre citadins et ruraux sur ce dernier point. Est souvent pointé, le manque d’alternative traduisant aussi un problème plus vaste de mobilité.

L’individuel parfois bridé par le collectif

Le zéro déchet n’a parfois rien d’une partie de plaisir lorsque les proches s’en mêlent et expriment leur incompréhension ou rejet. Beaucoup y voient de la radinerie notamment lorsqu’il s’agit des catégories sociaux-professionnels supérieures ou des cadres. La pillule a souvent dû mal à passer quand arrive le moment des cadeaux. Même si l’immatériel demeure la meilleure solution, certains tentent les cadeaux d’occasion afin de faciliter la prise de conscience.

Différents obstacles jonchent le chemin vers le zéro déchet à commencer par le regard des autres, entraînant parfois un modification au niveau des relations sociales et du cercle amical. Persévérer est donc l’un des leit-motiv dans cette volonté de changement que les problèmes de temps, d’argent et de sociabilité ne doivent pas entraver. Toutefois, le craquage est autorisé car en se mettant une pression trop important, le découragement risque de guetter…

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