Joke(r)

Par Mathilde Bathily

Joker : un succès notable

Au préalable, on tient à dire que la blague du titre (joke(r)) n’est pas une invention maladroite de Pause Replay mais une entrée en matière de ce nouvel opus du Joker où le rire de ce dernier est emblématique… 

Le  4 octobre, non sans une appréhension des forces policières américaines, le film « Joker » et sa polémique ont fait irruption dans les salles de cinéma de l’Amérique du Nord. 

Verdict ? Du côté des entrées, le film affiche une franche réussite. Avec 93, 5 millions de recettes, Todd Philipps semble avoir réussi son pari. 

Mais sur le fond, que penser de cette tragédie mi-comique mi-dramatique avec un Joker plus apeuré qu’effrayant ? On vous dit TOUT. 

Des choix de scénario audacieux

Joaquin Phoenix est d’abord un grand acteur et nous apporte un jeu d’acteur inoui dans un décor splendide. Le film s’ouvre sur un long très long (peut être trop long?) rire tonitruant d’Arthur Fleck (Joker) par lequel le réalisateur nous plonge immédiatement dans une atmosphère intrigante. 

Atteint d’une soi-disant maladie qui l’empêche de se contrôler, le personnage fou-allié et malaisant d’Arthur interroge d’abord le spectateur. Que faire de cet étrange gars incapable de s’exprimer en public et maltraité constamment par le monde qui l’entoure ? 

Si certains souligneront le manque d’originalité du scénario basé sur la vie peu passionnante du Joker (un clown rejeté de la société, et humilié), d’autres ne manqueront pas de s’intéresser à l’atmosphère créée par Todd Philipps. 

De fait, le personnage du Joker se veut beaucoup moins antipathique que les précédents incarnés jadis par Heath Ledger et Jared Leto. Dans les interprétations de ces derniers, on retrouve un Joker sûr de lui, prêt à tout pour prouver qu’il est le maître (face au Batman) et qui tue sans vergogne, tout être qui se dresse sur son passage. 

Ici, Joaquin Phoenix incarne un Joker d’abord meurtri par ses compères et le monde qui l’entoure. Ce dernier subit un choc au cours de son enfance (on ne vous dit pas tout car il vient de sortir !) et l’on comprend que ce choc est la cause de son déséquilibre mental et psychotique.

Le personnage fascinant du Joker

Chaque meurtre semble pouvoir aisément être « expliqué » (si tant est que le crime s’explique) puisqu’Arthur est sans cesse moqué et humilié par tous… 

Néanmoins, on retrouve des clins d’oeil au Batman et notamment Bruce Wayne. Le réalisateur nous propose un scénario hallucinant dans lequel le Joker ne serait pas si éloigné de Bruce puisqu’il serait même un membre de sa famille ! 

Là encore, de nombreuses réflexions peuvent naitre ? Le film est entre mythe et réalité (cf un autre article de pause replay) puisqu’on ne saura jamais qui dit la vérité… Est-ce la mère du Joker qui proclame avoir eu une relation avec Thomas Wayne ? Le Joker aurait-il été adopté ? 

Ces questions en suspens confèrent au film un réel talent. 

Mais tout le monde n’est pas de cet avis : 

Pierre Murat (Télérama) : oaquin Phoenix a maigri de 30 kilos, c’est très bien mais ce n’est pas pour cela qu’il a du talent. Dans ce cas-là Jack Nickolson et Heath Ledger étaient bien mieux. » ‘Todd Philipps, le metteur en scène, n’a pas beaucoup de talent : il a beaucoup de mal à créer une véritable ambiance, tout est apprêté, fatigué.

Des messages cachés

Si le film se veut dramatique plus que polémique, des spectateurs attentifs soutiennent que le film souhaite faire passer un message. Lequel ? 

Celui d’une société où s’affrontent puissants (représenté tant par Wayne Enterprises que par Murray Franklin) et peuple délaissé. On notera que le Joker cherche à devenir le symbole de la révolution populiste lorsqu’il s’auto-proclame porte-parole d’une société meurtrie.

Cette facette du film apparait à la toute fin et montrerait que le Joker, détesté et humilié par tous finit par mener son combat contre le rejet dont il fait l’objet. 

D’autres messages cachés concerneraient directement la saga Batman. La soudaine entrée du Joker dans un frigo alors qu’il ne peut en sortir suggéreraient que les évènements suivants ne sont qu’une pure invention du Joker qui ne peut manifestement pas sortir du piège qu’il s’est lui-même créé. En outre, d’autres références sont des clins d’oeil à la BD telles que le nom de l’assistante sociale ou la scène du meurtre de Murray…. 

Après toutes ces info, croyez vous qu’il s’agisse qu’un scénario banal et répétitif ? 

Rien n’est moins sûr.. 

Pour bien vous tenter, on vous remet le rire de Joaquin Phoenix. Sacrément canon, non ? 

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