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Thriller : quand Michael subit son propre titre

Vous le pensez, nous l'écrivons

Beat it, Billie jean, we are the World… Autant de titres qui évoquent des souvenirs et des danses endiablées. Le roi de la pop décédé brutalement le 25 juin 2009 n’a jamais vraiment disparu de nos têtes. Alors qu’on fêtera les 10 ans de sa mort, le chanteur revient sur le devant de la scène.

Une enfance tourmentée : « Je l’ai rendu blanc parce qu’il était malade« 

Michael Jackson se caractérise par son charisme et sa ferveur enfantine. Avant d’être un homme, il fut d’abord un grand enfant qui ne voulait pas ressembler à son père. Atteint de la maladie du Vitiligo, de sensibles taches blanches sont apparues sur sa peau. Son dermatologue et ami, Arnold Klein a alors entamé une série d’opérations chirurgicales destinées à uniformiser sa peau. C’est comme ça que Michael est devenu blanc ! Ça vous étonne ? Une rumeur avait pourtant soutenu que Michael avait lui-même voulu être blanc pour changer d’origine et s’éloigner d’un père violent…

Sur le plan personnel, la star est restée très énigmatique. Certains affirment que Michael aurait été victime de lyssenkisme psychologique. Cette maladie est décrite comme la transmission intergénérationnelle de la maltraitance. La star de la pop avait tellement peur de son propre père violent (Joe Jackson) qu’il se rendait malade lorsqu’il se trouvait en sa présence… « Leaving Neverland », le documentaire Britannique de Dan Reed nous apprend que Joe Jackson commettait des agressions sexuelles sur les sœurs de la star. Sans doute, Michael Jackson était-il lui aussi victime de ces attouchements…

Soupçonné d’agressions et de viol sur mineur, il se réveille peut être dans sa tombe. Une nouvelle rumeur à démentir ? Cette fois-ci, les choses ne semblent pas aussi limpides. Si les héritiers de Michael fustigent une tentative scandaleuse et pathétique d’exploiter et de tirer profit, est-ce seulement une question de quelques 825 millions de dollars ?

Une attirance avouée pour les enfants

Il faut dire que Michael éprouve une attirance pour les enfants. Son médecin Conrad Murray affirme qu’il est tombé amoureux de sa filleule Harriet Lester qui avait alors 5 ans puis d’Emma Watson à peine âgée de 11 ans. L’affaire Chandler en 1993 a d’abord bouleversé le quotidien de la Star lorsque Jordan Chandler âgé de 13 ans l’accuse de l’avoir agressé sexuellement. Michael est profondément choqué par ces accusations. À CNN, il affirme « si je suis coupable de quelque chose, c’est de donner tout ce que j’ai à donner pour aider les enfants du monde entier ». En janvier 2014, un accord amiable de plusieurs millions de dollars lui permet d’éviter les poursuites judiciaires.

10 ans après, dans un premier documentaire « Living with Michael Jackson », Michael Jackson reconnait publiquement dormir innocemment avec des enfants. A ce moment-là, il est accompagné de Garvin Arvizo qui l’accusera d’abus sexuels sur sa personne et sur celle de son frère, Star Avizo. Le 13 juin 2005, la star de la pop est finalement acquittée, de nombreux avocats avaient accusé la famille de la victime présumée d’avoir voulu soutirer de l’argent au chanteur.

Les faits relatés dans le documentaire Leaving Neverland

Wade Robson et James Safechuck sont les deux principaux témoins dans le documentaire Leaving Neverland diffusé le jeudi 21 mars 2019 sur M6.

Un gros flop : c’est ce que nous dirons de ce documentaire : seulement 1.8 millions de spectateurs. Que dire ? Pendant 3 longues heures, M6 relate pas après pas, les faits présumés. Des témoignages glaçants sur un fond de musique tragique tiennent en haleine les spectateurs. C’est après 30 bonnes minutes de description de la star, de son importance dans le monde du showbizz, que l’on apprend comme Wade et James ont fait la connaissance de la star. Tout deux sont rapidement émerveillés par la star, enchainant les compliments tant sur son talent que sur sa gentillesse. En fait, ça en devient presque divinatoire. Les deux hommes n’hésitent d’ailleurs pas à employer les mêmes termes pour décrire leur admiration : si Michael « était déjà plus grand que la vie » selon Wade, pour James « il est plus grand que la vie ». D’autant plus que « tout le monde voulait rencontrer Michael, ou être avec Michael » disent les deux hommes à deux moments différés du documentaire. Se sont-ils concertés, ou est-ce que Michael renvoyait exactement la même image à ses fans de sorte de faire grandir exactement les mêmes sentiments ?

Les deux victimes présumées tiennent un discours comparable. Une folle admiration pour le roi de la pop les aurait conduits à devenir des « petits privilégiés ». Wade Robson aurait été abusé de sa septième à sa quatorzième année tandis que James Safechuck aurait subi le même calvaire à l’âge de 10 ans… D’abord, en tant que spectateur on s’émeut de l’admiration de ces petits garçons pour une star comme Michael : ils le voyait comme « leur idole, leur dieu et leur mentor » (Wade Robson). En toute franchise, ça en devient presque gênant : être prêt à tout pour le rencontrer, passer du temps avec lui, prendre part à son existence.

On s’étonne de l’attraction procurée par Michael sur James mais également sur toute sa famille. Peu à peu, sa mère laisse son fils, un petit garçon célèbre grâce à la publicité PEPSI tournée avec la star,  vivre avec lui, passer une journée avec lui, puis une tournée au cours d’un été. Si elle est réticente au départ quant à laisser Michael dormir avec James, rapidement elle change d’avis : Michael est devenu son « fils », elle le dit elle-même « (Michael) passerait la nuit je laverais ses vêtements ». Et après avoir été invité chez lui, Michael fait découvrir à James, sa sexualité, leur sexualité jonchée de masturbation et de pénétration orale. Si cela vous choque, le documentaire ne vous laisse pas vous en remettre puis James martèle qu’il aurait été abusé tous les jours et partout, dans toutes les pièces. Il ajoute même que Michael avait tout orchestré pour que cela ne se sache jamais. Je ne sais pas pour vous, mais imaginez qu’une mère, la mère de James laisse son fils James passer ses nuits, ses journées avec un autre de plus de 20 ans son ainé parait incroyable, non ? Figurez vous, qu’elle ne s’est doutée de rien et que même en voyant les portes fermées à clés la nuit, elle a continué à trouver cela normal et même naturel ».

Le même mode opératoire se produit avec Wade : une rencontre improbable, un destin tout tracé avec un talent incroyable dans la danse. Et puis des relations sexuelles qui s’enchainent…

Des enfants perturbés

James Safechuck comme Wade Robson étaient sans doute trop jeunes pour mesurer la gravité de leurs sévices. Pour eux, il ne s’agissait que d’une chance car « parmi tous les enfants au monde, c’est moi qu’il avait choisi pour être son ami » affirme Wade Robson. Ajoutons que l’ancienne femme de ménage de la star de la pop a aussi fait des révélations sordides. Elle affirme que ce dernier donnait la main aux enfants, les embrassaient tandis que les victimes « se battaient pour l’amour de Michael ». Adrian McManus parle même de sex tape qu’elle aurait trouvés dans une salle de projection privée mettant en scène les garçons en train de faire « des choses inappropriées ».

Une diffamation posthume ?

En droit, la loi du 29 juillet 1881 décrit la diffamation comme « toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé ». La diffamation est publique lorsqu’elle peut être entendue ou lue par un public étranger à la fois à la personne qui diffame ou à la victime.

On distingue la diffamation de la dénonciation calomnieuse, qui « dirigée contre une personne déterminée est un fait de nature à entrainer des sanctions judiciaires, administratives ou disciplinaires que l’on sait totalement ou partiellement inexact » (article 226-10 du Code pénal).

En l’espèce, Michael Jackson a été acquitté pour toutes les accusations dont il a fait l’objet notamment lors du procès de 2005 (cf supra). Alors pourrait-on accuser le britannique Dan Reed et les deux victimes présumées, de diffamation ou de dénonciation calomnieuse ? Pour échapper aux poursuites, il faudrait rapporter la preuve de la véracité des faits. Pour la diffamation, les comparses s’exposent à une amende de 12 000 euros voire 1 an de prison et 45 000 euros d’amende en cas d’aggravation. Condamnés pour dénonciation calomnieuse, ils seraient alors passibles de 5 ans de prison et 45 000 euros d’amende. La diffamation suppose une allégation ou une imputation d’un fait déterminé (élément matériel) et une intention (élément moral). Concernant les victimes présumées, elles imputent des agressions sexuelles à Michael Jackson et ont bien l’intention de porter atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne.

La plainte déposée devant le tribunal de Los Angeles

Le jeudi 21 février, les ayants-droits de Michael Jackson ont porté plainte pour diffamation devant le Tribunal de Los Angeles. Conformément aux dispositions légales, ils avaient 3 mois pour éviter la prescription de l’action. Pourtant le documentaire de Dan Reed a bien été diffusé. Pourtant, comme le disent les plaignants, « en 2005, Michael Jackson a été relaxé par le jury ». Dan Reed et les victimes présumées peuvent-elles échapper aux poursuites ?

L’article 35 permet de neutraliser le délit de diffamation par l’exception de vérité. L’exception de vérité consiste pour la personne poursuivie à s’exonérer de toute culpabilité en rapportant la preuve du fait allégué. A priori, si James Safechuck et Wade Robson rapportaient la preuve des agressions sexuelles dont ils disent être victimes, les deux hommes pourraient échapper à des poursuites pour diffamation. Cependant, c’est sans compter l’article 35 alinéa 3 b) de la loi de 1881 qui empêche d’exciper de l’exception de vérité lorsque les faits remontent à plus de 10 ans. Or, comme les faits que l’on commente se sont passés il y a plus de 10 ans, les victimes présumées ne pourront pas s’exonérer et seront bien poursuivies pour diffamation. Il est probable que la diffamation soit retenue à l’encontre de Dan Reed et des victimes présumées…

Depuis cette diffusion, les témoignages se succèdent entre soutien et désaveu. Neverland first hand, un documentaire diffusé par le Clan Jackson tente de faire obstacle à la diffamation. Brandi Jackson, sa nièce raconte la relation qu’elle a eu avec Wade Robson pour démentir en tout point les accusations de son ex petit-ami. Elle affirme « pendant des années, tout allait bien, jusqu’à ses 17 ou 18 ans. J’ai vu son comportement changer (…) il mentait constamment », explique la jeune femme. « Il a toujours été un peu opportuniste (…) il a toujours su tirer profit de situations qui allaient lui être bénéfiques financièrement ». Alors qui a raison ? Qui ment ? Avant de vous faire un avis sur la culpabilité de la star, regardez le documentaire qui fait barrage à la tentative de diffamation peut être fondée de Dan Reed….

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