Aulas, l’homme qui avait un temps d’avance…

Président de l’olympique lyonnais, fondateur de la CEGID (entreprise informatique) et grand artisan de la modernisation du football français, Jean-Michel Aulas est un chef d’entreprise à part qui a marqué de son empreinte le monde du sport et de l’entreprenariat.

Aulas l’opportuniste

L’histoire de Jean Michel Aulas version entrepreneur débute en 1983 avec la création de la Cegid. Agé d’une vingtaine d’année, le jeune-homme profite de la rationalisation du plan comptable (PCG) pour offrir des logiciels adaptés aux nouveaux besoins. La force de cette entreprise repose sur une idée de génie signée Aulas : proposer des logiciels comptables pour des comptables et par des comptables… Une ouverture à l’international accompagnée d’une expansion vers le monde de l’entreprise permet ensuite à la Cegid de s’inscrire dans la durée.

Le football, une véritable passion

Lorsque l’on propose à Jean-Michel Aulas de reprendre l’Olympique Lyonnais qui végète en deuxième division, le jeune entrepreneur y voit un moyen de lier ses deux passions : le football et l’entreprenariat. Après avoir assaini les finances du club, il le ramène sur le devant de la scène nationale et continentale et lui offre ses plus belles années.

Un président ambitieux

Jean-Michel Aulas ne se contente pas de cette réussite sportive. Il souhaite pérenniser le club et se lance dans un vaste projet de cotation en bourse. Accusé d’être partisan du foot business, il fait passer l’Olympique Lyonnais dans une autre dimension. De PME, le club adopte le statut de holding nommé OL Group. Il modernise également les structures du club et notamment le centre de formation qui offre une solution de replis dans les périodes moins fastes sur le plan financier.

Le bâtisseur

Que reste-t-il de notre passage sur terre sinon ce que l’on a fait de ses mains ? Cette question a sans doute taraudé le président lyonnais lorsqu’il s’est lancé dans la construction du Grand Stade. Comme Aulas ne fait rien comme tout le monde, il choisit de ne pas opter pour un partenariat public privé (PPP) ce qui tend à justifier les difficultés financières de l’OL. Sauf qu’en choisissant cette solution, Aulas génère une future mine d’or : stade privé rime avec liberté et gros gains en perspective. Le président promet donc des revenus à la hausse avec une ambition : doubler le budget du club et générer entre 70 et 100 millions d’euros supplémentaires par an. Pourtant plusieurs questions restent en suspens et les doutes commencent à s’installer notamment chez les supporters. Comment obtenir 10 millions par an pour le « naming » du stade alors que le Bayern Munich et Arsenal ne dépassent pas les 9,5 millions ? Comment attirer plus de spectateurs alors que le taux de remplissage stagne aux alentours de 40 000 spectateurs ?

L’organisation d’évènements extra-sportif et l’émergence de produits dérivées autour du Parc OL (boutiques, brasseries…) tendent à justifier les nouvelles ambitions. De quoi rassurer les supporters ? Pas sûr… Ils souhaitent voir la signature rapide de grands noms alors que la patience reste le leitmotiv des dirigeants lyonnais… A l’heure ou des milliardaires investissent massivement dans le football, Aulas prône un financement sain et durable. Là où le PSG investit à perte grâce à l’appui du Qatar, Lyon fait le pari de l’avenir. Coup de poker ? Pas vraiment lorsque l’on connait l’histoire du président Aulas…

2 commentaires sur “Aulas, l’homme qui avait un temps d’avance…

    1. Certes, Aulas n’est pas parfait (cellule de recrutement, problème dans l’organigramme du club avec Lacombe et Houllier, impossibilité d’avoir un entraineur-manager à la Puel…) mais on peut dire qu’il a « fait » le club… Il faut donc rendre à César ce qui est à César !

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