Hors-jeu dans le foot business

« Mois d’aout » rime souvent avec « achat de fournitures scolaires ». Alors que les foyers français, touchés par la crise économique, doivent désormais composer avec un budget limité, certains clubs de football n’hésitent pas à dilapider leur argent sur le marché des transferts. Alors, comment ne pas être indigné et choqué par les sommes folles, dépensées par ces clubs lors du mercato ?

La démesure semble, en effet, s’être emparée du monde du ballon rond et notamment des présidents de club. Ainsi, le transfuge de la pépite brésilienne, Neymar, de Barcelone au PSG est évalué à 222 millions d’euros. De même, Manchester United a déboursé 85,5 millions pour s’attacher les services de Romelu Lukaku, Chelsea vient de lâcher 80 millions pour Alvaro Morata, Arsenal 60 millions pour Alexandre Lacazette et le Bayern Munich 42 millions pour Corentin Tolisso. Les « grands championnats européens » sont donc tombés dans une phase d’assuétude à l’achat-revente, marquée par une forte inflation des prix. Ce phénomène s’observe d’ailleurs depuis plusieurs années comme en témoigne le transfert de Luis Suarez en 2014 pour 81 millions d’euros ou celui plus ancien de Cristiano Ronaldo pour 94 millions d’euros.

Bien que chacun ait le droit de dépenser sa fortune comme il l’entend, les enveloppes allouées aux transferts ne paraissent pas en adéquation avec les réalités économiques du vieux continent. L’une des raisons de ce déséquilibre provient des investisseurs, majoritairement étrangers, qui utilisent leur club comme une vitrine ou comme un jouet. Ils s’amusent sur une sorte de « PlayStation grandeur nature ». Le championnat français représente d’ailleurs un nouvel eldorado, en témoigne le rachat de l’Olympique de Marseille par l’américain Frank McCourt, de Lille par le luxembourgeois Gérard Lopez ou la prise de participation à la hauteur de 100 millions du fond chinois IDG Capital au sein de l’Olympique Lyonnais.

Les clubs de Ligue 1 manquent de capitaux pour faire face à l’inflation des budgets, ce qui explique les ventes de nombreuses institutions du football français. Pourtant, les grosses fortunes françaises ainsi que les groupes du CAC 40, excepté le propriétaire du Stade Rennais François Pinault, ne s’aventurent pas dans ce secteur qualifié de « dangereux » et « peu rentable ». Le champ est donc laissé libre aux étrangers… Le marché français possède par ailleurs l’avantage de ne pas être saturé comme l’Angleterre ou l’Espagne. Mais que viennent faire ces investisseurs ?

S’il n’y avait qu’un investisseur à étudier au sein de la Ligue 1, ce serait bien sur QSI (Oryx Qatar Sports Investments) tant son arrivée a modifié l’économie du football national. Mais il n’est désormais plus question de ballon rond…

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